Rachid Taha, Paris février 2013. Locaux Naive.

Rachid Taha est décédé d’une crise cardiaque dans son sommeil, à son domicile parisien, dans la nuit du mardi 12 septembre. Légende emblématique du rock qui n’a cessé de révolutionner le monde de la musique. 

Une grande figure du rock nous a quitté cette année. Rachid Taha ne s’est pas réveillé cette nuit, il s’est éteint à l’âge de 59 ans. L’artiste a révolutionné les années 80, de par ses grands singles riches en cultures orientales. Cette grande personnalité emblématique n’a cessé d’ambiancer la France Black-Blanc-Beur. L’ancien leader du groupe Carte de Séjour, dans les années 80, avait réussi à harmoniser ses deux cultures différentes : le mélange entre son Algérie natale et le rock anglo-saxon.

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Originaire d’Oran, il a poursuivi son enfance en Alsace, à l’âge de 10 ans. Tandis qu’il se sépare de son groupe de musique, Rachid continue seul de triompher au profit de ses multiples albums entremêlant culture orientale et électronique. Il s’inspirait considérablement des musiques maghrébines : le raî, le chaâbi en parallèle avec les musiques occidentales : le rock’n’roll, le punk, et l’électronique. Le fruit de son succès se tourne particulièrement à la sortie de son album 1, 2, 3 Soleils, dont notamment les titres Ya Rayah et Abdel Kader (en feauring avec Faudel et Khaled), en 1998. Le maître du raï a connu une grande notoriété, alors qu’il n’avait que 20 ans. Son succès lui a permis de remplir la grande salle de Bercy, accompagné de ses acolytes Faudel et Khaled, pour un show spectaculaire et bouillonnant dans la célèbre salle parisienne. Rachid Taha travaillait récemment sur son nouvel album et venait de le terminer. Son oeuvre musicale devait sortir en début d’année 2019, sur le label Believe.

 

Symbole de la lutte contre le racisme  

Fidèle à ses racines, le maghrébin était également l’un des symboles de la lutte contre le racisme. Il avait notamment repris le titre Douce France de Charles Trenet, en 1986,  au profit de dénoncer la xénophobie. Lors d’une interview accordée à Paris Match, l’artiste engagé n’avait pas hésité à s’exprimer à ce sujet : « En trente ans, je n’ai jamais loupé un avion ou un train. C’est pour ça qu’on m’appelle ‘le Suisse’, je suis toujours à l’heure ! Biolay, quand il est en retard, on dit que c’est un dandy. Un étranger, on dit que c’est un casse-couilles ! Quand un artiste arabe tape sa femme, c’est l’ignominie sur terre. Quand un artiste français tue la sienne, on lui trouve des circonstances atténuantes. C’est de la xénophobie. » Il abordait les différences de traitement selon origines et culture afin de promouvoir l’injustice. « La seule façon de combattre le racisme et la xénophobie, c’est de remettre la mémoire en place et de dire aux gens : Voilà ce qu’il y a, ce qui existe », avait-il déclaré. Ainsi, c’est à travers le mélange des cultures de sa musique que l’auteur transmettait un message d’anti-discrimination.

Une pluie d’hommage 

À l’annonce de cette poignante nouvelle, les hommages se multiplient sur les réseaux sociaux. Musiciens, acteurs, politiciens, journalistes, mais encore de nombreuses célébrités du monde entier, lui ont accordé une dernière pensée en son honneur.

Cette personnalité mythique nous quitte, laissant en mémoires ses oeuvres musicales aux mélanges maghrébins, rock et punk.

Sarah Sid Larbi.

 

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